Sport

L’hexagone au centre de l’Europe pendant une semaine avec l’Open de France de Golf

Point d’orgue de la saison golfique en France, l’Open de France de golf créé en 1906 appartient depuis 1972 au « Tour Européen », circuit qui rassemble l’élite du golf sur le vieux continent, et dont il est l’une des plus importantes étapes. Les chiffres parlent d’eux-mêmes et la conséquente dotation de sept millions d’euros traduit l’engouement sportif suscité par cet évènement depuis des années cher au public Français. Pendant des années, l’open s’est joué principalement sur des parcours mythiques de région Parisienne (La Boulie, Saint Cloud, Chantilly, Saint Nom…) même si on trouve de belles exceptions comme La Nivelle ou Le Touquet. Le champ des joueurs rassemble cette année notamment 6 vainqueurs de Majeurs, 11 joueurs du top 50 mondial, et 23 joueurs de Ryder Cup.

Le Golf National, haut lieu du golf européen

Depuis 1991 (sauf deux exceptions en 1999 et 2001) l’épreuve est « à demeure » au Golf National. Ce parcours inauguré en 1990 a depuis longtemps acquis ses lettres de noblesse et compte fièrement parmi les « grands » parcours Européens. Le fait qu’il accueille la Ryder cup dans moins d’un an et demi souligne encore la qualité exceptionnelle du site. Crée comme un véritable stade dans le but de recevoir de grandes épreuves dans les meilleures conditions d’accueil et de visibilité pour de nombreux spectateurs et les médias, tout particulièrement la télévision. Ici, l’architecte n’a pas eu à composer avec un terrain naturel, plus ou moins vallonné : en partant d’un terrain plat, il a lui-même créé la topographie des lieux avant de dessiner le parcours afin d’y agencer des « gradins naturels ».

Palmarès

Au palmarès de l’épreuve se trouvent nombre de très grands noms de l’histoire comme Greg Norman, Nick Faldo (3 titres), ou l’espagnol Severiano Ballesteros, qui est bien évidemment le joueur qui détient le plus grand nombre de victoires dans l’époque moderne (4 titres). Les Français ne sont pas en reste puisqu’avant les deux victoires consécutives de Jean François Remésy en 2004 et 2005 puis celle de Thomas Levet en 2011, plusieurs nationaux avaient inscrit leur nom au palmarès au cours de la première moitié du vingtième siècle.

2017

Il faut avoir conscience que l’enjeu est cette année galvanisé par le fait que la quasi-totalité des joueurs présents peuvent potentiellement figurer dans l’équipe de Ryder cup 2018…beaucoup de joueurs seront à observer et bien qu’il soit difficile d’en faire une liste ou de désigner des favoris, il est certain qu’il ne faudra pas rater l’étoile montante espagnole (tiens, encore…) :  Jon Rahm, déjà 11ème joueur mondial du haut de ses 22 ans, semble promis à un très bel avenir et impressionnera obligatoirement le public par l’explosivité de ses drives et la finesse de son petit jeu. Les Français (Lévy, Dubuisson, Langasque, Bourdy, Havret…) seront présents en force et il ne serait pas étonnant de les voir jouer les premiers rôles, motivés par l’enjeu particulier que représente cette épreuve disputée « à domicile »…et eux aussi savent qu’une bonne performance cette année dans l’épreuve sera une belle étape vers la sélection en Ryder cup.

Vendredi – Open de France de golf : les Français tiennent la rampe

Le ciel a tonné en fin d’après-midi au golf National, ce qui a entraîné une interruption de jeu vers 17 heures. Ainsi, tous ceux qui étaient encore sur le terrain devront finir demain matin tôt pour enchaîner ensuite sur leur 3ème tour. Fort heureusement le jeu a pu reprendre pour s’achever vers 21h15. En dépit de cet orage, la préparation parfaite du parcours – légèrement assoupli par la pluie de ces derniers jours – a permis de très bons scores.

Le public encore un peu clairsemé permet d’embrasser d’un regard la majesté des lieux : ici tout n’est qu’ondulation et relief ; les nombreuses « tribunes naturelles » dominent partout les fairways qui semblent creusés comme des vallées vertes. Ici, le joueur perçoit en permanence un très fort contraste visuel, entre la perfection manucurée du parcours d’un côté et de l’autre ou l’aspect parfois sauvage du rough ou de l’obstacle d’eau qui le bordent souvent de près.

Les leaders après 2 tours sont l’espagnol Otoaegui et l’américain Uihlein. Tommy Fleetwood, actuel second à la race to Dubai et ayant récemment joué les 1ers rôles à l’Us Open pointe à un coup après deux tours très solides. Sa partie du jour est d’ailleurs l’une de celle qui a le plus recueilli les faveurs du public. Accompagné de Jon Rahm et d’Alexander Lévy, bien porté par le public, la partie fut de très bon niveau. Avec d’autres Français comme Bourdy ou Langasque qui pointent à la 10ème place, tous deux après une belle performance en cette deuxième journée. Rahm et Lévy sont un peu plus loin, mais encore parfaitement en course, aux 18 et 28ème places.

Le tomberet du cut (à+1) laisse en lice les 65 premiers qui se disputeront un troisième qui promet d’être palpitant !

Samedi : le parcours sort vainqueur

Battu par une forte pluie jusqu’à environ douze heures trente, puis largement balayé par le vent l’après midi, le parcours sort grand gagnant. Si l’on y ajoute les positions de drapeaux très délicates, on obtient une moyenne des scores du jours de plus de 2 au-dessus du par !

Ainsi, personne n’est venu de l’arrière pour se hisser aux toutes premières places comme cela se produit parfois lors d’un troisième tour. En ce jour difficile, jouer le par pour les leaders signifiait conserver leur place au classement. Avant la dernière ligne droite de demain, on retrouve Peter Uihlein (usa) et Alexander Björk ( Suède) en tête à huit sous le par, devançant un groupe de joueurs à -7 dans lequel figurent Tommy Fleetwood, Andy Sullivan et Thomas Pieters auteur tous deux de parties efficaces aujourd’hui (respectivement 68 et 69).

Jon Rahm malgré quelques erreurs reste néanmoins en embuscade à cinq coups de la tête, dans les mêmes eaux que Lee Westwood et Alex Noren.

Côté Français, ça ne s’est pas très passé pour Langasque, Bourdy et Lévy qui ont perdu beaucoup de places. En revanche, Mike Lorenzo Vera (16ème), Grégory Havret (16ème), Gary Stahl (21ème) et surtout Adrien Saddier (10ème) ont su tirer leur épingle du jeu.

Mais avec un retard de 4 à 6 points sur les leaders, il faudra « sortir » une très belle partie pour participer à la victoire. La météo qui semble enfin s’améliorer dans les Yvelines pourrait les mettre demain sur cette voie.

4ème tour : Tommy Fleetwood sort vainqueur !

Avec une dernière journée parfaite (5 birdies et aucun bogey…), Tommy Fleetwood s’adjuge le titre !

Après une 3ème journée solide (dans le par) malgré des conditions difficiles, « Tommy » a pris la tête immédiatement en signant 2 birdies aux trous n° 2 et 3, permettant d’affirmer d’emblée aux autres compétiteurs ses ambitions pour la journée !

A 26 ans, l’anglais décroche son troisième titre en Europe et se hisse désormais en tête de la « Race to Dubai ». Même si il est tôt pour tirer des conclusions, en voilà un qui devrait probablement grossir les rangs de la future équipe Européenne de Ryder cup en Septembre 2018 qui se déroule au…Golf National…

Avec sa gueule de Jésus aux longs cheveux dorés et aux yeux bleus profonds, il n’a pas fallu longtemps pour que le public Français en fasse son chouchou et les « tommyyyy » fusaient de partout en cette 4ème journée ! Lui restait parfaitement impassible pendant le jeu, en pleine maîtrise de ses émotions, l’air presque tendu ; en revanche, lors des passages d’un trou à l’autre, il rendait de nombreux sourires et regards à la foule et offrait de fréquents « checks » aux enfants qui lui tendaient la main lors des passages d’un trou à l’autre. Pour qui a eu la chance de le suivre durant le tournoi, en plus de ses qualités techniques et dynamiques exceptionnelles, son comportement général dénote une attitude mentale de champion : maîtrise de ses émotions, sportivité, humilité, ténacité, respect du public…

Mais après tout, est-ce si étonnant ?  La Grande Bretagne a toujours fourni au monde du Golf beaucoup de grands joueurs (Faldo, Westwood, Poulter, Rose, Donald pour n’évoquer que l’époque moderne).

Ainsi, « Tommy » pourrait bien prendre la relève de cette troupe prestigieuse.

Et pensons bien que dans deux semaines se déroule le British open, « the Open » comme ils disent (l’un des 4 tournois majeurs, le seul disputé sur sol Européen, exclusivement sur les Iles Britanniques) qui se déroule cette année en Angleterre à Royal Birkdale, tout près de là où il est né… Tommy « Jesus » Fleetwood jouera ainsi quasiment à domicile : souhaitons que cette situation lui donne un avantage dont il puisse profiter pour le rendre décisif.

Une météo plus douce

Les conditions climatiques de ce quatrième tour étaient légèrement meilleures que lors des troisième et quatrième tour puisqu’à la place de la pluie, une bruine plus ou moins intense a baigné le parcours jusque vers le début de l’après-midi ; peu agréable pour les spectateurs, elle était cependant assez insignifiante pour les joueurs ; le temps s’est ensuite éclairci jusqu’à même offrir une belle lumière pour l’arrivée au 18 des dernières parties. Dans le même temps, le vent a légèrement forci mais est resté globalement moins agité que la veille ou l’avant-veille.

Dans ces conditions, et notamment à force de la pluie des jours précédents qui l’a assoupli, le parcours s’est révélé légèrement plus accessible en ce Dimanche, ce qui a sensiblement amélioré la moyenne des scores en comparaison à celle d’hier. Néanmoins, et qu’on ne s’y trompe pas, le National reste un monstre et y « claquer » un bon score requiert toujours un jeu de très haut niveau.

Et les Français

C’est d’ailleurs ce qu’a fait le Français Mickael Lorenzo Véra auteur d’une magnifique carte de 66 conclu par un birdie qu’il est allé chercher avec toute sa volonté au 18ème trou. Au-delà de la qualité de sa performance puisqu’il termine troisième, il obtient de plus une qualification directe pour le British open dans deux semaines, qui sera le premier tournoi « majeur » de sa carrière. Derrière lui, Gary Stal et Adrien Saddier pointent à une respectable seizième place tandis que Grégory Havret est un peu plus loin (23ème) malgré le dira t’il une « semaine assez satisfaisante ».

Et la suite ?

On peut considérer que cet open était le point de départ officieux de la course qui mène à la Ryder cup 2018, puisqu’elle se déroulera ici même, comme nous l’avons déjà dit. Au-delà de l’évidence du symbole, c’est bien le niveau des joueurs semaine après semaine et tournoi après tournoi pendant les quatorze mois à venir qui « dira » si ils intègrent ou non la prestigieuse équipe. La première étape de cette longue route a lieu dans deux semaines, lors du British open au Royal Birkdale : un rendez-vous à ne pas rater, of course.

Tommy Fleetwood – Matthieu Laplaud

Open de France de Golf

Alexander Lévy drives the 14th hole – © Matthieu Laplaud

Jon Rahm putting on 14th green

Jon Rahm putting on 14th green – © Matthieu Laplaud

Alexander Lévy, chip shot on 14th hole – © Matthieu Laplaud

Open de France de Golf

Tommy Fleetwood, 16th tee – Matthieu Laplaud

Matteo Manassero second shot of the 17th hole – © Matthieu Laplaud

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

    Leave a Reply

    Trouvez la réponse pour éviter les spam * Time limit is exhausted. Please reload CAPTCHA.